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« A table » ?  évoque un souvenir convivial que nous essayons de transmettre lors de ces déjeuners avec les sans-abris. Dans notre projet, on s’est basés sur les « 5 compétences AKI» , c’est un véritable plus !


Pouvez vous présenter votre groupe de jeunes ? Notre groupe est composé d’une dizaine de jeunes, le noyau dur, et d’autres jeunes nous rejoignent pour les maraudes ou pour un déjeuner ponctuel. Nous avons entre 20 et 30 ans, la majorité entre 20 et 22 ans et nous venons d’horizons différents : étude de droit, de psycho de chimie, d’histoire de l’art etc… Quelques-uns se connaissaient au début et ont intégré d’autres amis dans le projet.



D'où est venue l'idée de monter ce projet de solidarité ? Le projet est né d’un double constat : à Rennes, on rencontre pas mal de personnes SDF qui sont dans le besoin, matériel mais aussi relationnel. On avait envie de faire quelque chose. Et le 2ème constat : le gâchis alimentaire qui nous semble une aberration. Nous avions commencé à faire des maraudes, de façons informelle depuis un ou deux ans, puis on a pu récupérer des invendus alimentaires, et en réfléchissant, on a eu l’idée de ce projet « A table » « A table ! » c’est un projet simple : deux samedis par mois, nous préparons un bon repas à partir des invendus alimentaires que nous partageons avec les personnes sans-abri.



Pourquoi « A table » ? parce que c’est l’expression que les parents utilisent pour appeler leurs enfants quand le repas est prêt. Cela évoque un souvenir convivial, et c’est ce que nous essayons de transmettre lors de ces déjeuners. Concrètement, on se retrouve le samedi matin deux fois par mois, on se répartit en 3 équipes : une équipe prépare le déjeuner, une équipe prépare la salle, la plus grosse équipe part en maraudes, à la rencontre des SDF et pour les inviter à déjeuner. Puis on se retrouve tous à 12h30 pour déjeuner.Quelle est l’actualité de votre projet lancé il y a quelques mois déjà ? On a commencé les rendez-vous « A table ! » en novembre, donc oui, le projet a commencé depuis 4 mois, mais il nous semble qu’on en est encore au début. C’est assez difficile de faire venir des SDF dans une salle. Les associations « spécialistes » nous avaient prévenus, nous avaient même dit que ça ne marcherait pas ; on voulait quand même essayer, et on est content d’avoir persévérer parce que même s’il n’y a que 5 ou 6 SDF pour l’instant, ce sont des moments extraordinaires. Au fur et à mesure, il y aura plus de monde. Il faut du temps pour apprivoiser les gens.

Au début, personne ne se connaissait vraiment très bien, autant les bénévoles que les SDF, mais nous étions tous dans cette optique de passer un moment convivial, plein de joie et tout s’est fait de façon très naturelle. Les regards, les sourires, les rires, sortent tous directement du cœur et cela se reflète forcément entre nous. Maintenant, nous nous connaissons mieux, et c’est très touchant de voir par exemple Vasili, un SDF, arriver plus tôt pour nous aider à mettre la table, ou encore Ronan qui se charge de la présentation des plats. Chacun met la main à la pâte.

Aujourd’hui nous sommes bien organisés pour les repas, et un autre micro-projet va venir se greffer à « A table ! » : le salon éphémère. Des étudiantes en coiffure proposent de couper/coiffer les SDF, dans une ambiance conviviale, c’est-à-dire autour d’un café et de pâtisseries données par la boulangerie.



Quelles sont vos attentes ? On peut dire qu’on a 2 attentes principales : La première est de donner le goût de la générosité, de la simplicité, aux jeunes. Cette simplicité se trouve, entre autre, dans ces repas partagés avec les plus fragiles, les personnes qui vivent à la rue, qui n’ont pas de toit pour la plupart, et qui sont souvent très seuls. La deuxième attente c’est de donner un peu de soleil, à notre mesure, à ces personnes, à ‘’nos copains des rues’’. Qu’ils puissent déjeuner, un vrai repas complet, équilibré et chaud est évidemment important ; mais ce qui est essentiel, c’est de partager un moment, quelques heures avec eux, et de transmettre une joie qui a un petit goût d’éternité. On est hors du temps dans ces moments-là. Nous tissons de véritables liens en discutant de sujets très variés, en partageant des fous-rire, en passant régulièrement les voir dans la rue au fil des semaines. Nous instaurons des relations simples. C’est ainsi qu’ils commencent à nous reconnaître, à avoir confiance et à parler davantage avec nous. Une chose sur laquelle tous les bénévoles sont d’accord : cela fait du bien de partager des moments simples. Cela fait du bien de passer au-dessus des barrières sociales, des clichés, des a priori, le temps d’un repas. On leur apporte quelque chose comme ils nous apportent quelque chose. Nous voulons leur offrir un moment comme nous le ferions avec notre famille. Qui sont vos partenaires au local ? Nous avons démarré avec 2 partenaires locaux, sans eux il n’y aurait pas eu de projet : une boulangerie (« Au blé métissé » rue de Fougères), et le Carrefour City de la rue de Fougères aussi. On a ensuite fait un partenariat avec la Banque Alimentaire, pour les produits qu’il nous manquait pour un repas complet. Maintenant, on espère trouver un partenaire pour les produits d’hygiène, produits que nous demandent régulièrement les SDF.


Un conseil à donner pour ceux qui souhaitent monter un projet ? Le conseil qu’on peut donner c’est : « allez-y, foncez ! » le programme est une véritable chance de donner vie à vos projets, pour plusieurs raisons : d’abord ça vous oblige à structurer a minima votre action, à poser les bases pour que le projet puisse grandir et s’enraciner. Et puis clairement, l’aide matérielle que suppose le programme est un véritable coup de pouce, qui nous permet de voir les choses en un peu plus grand et qui nous permet aussi de mettre nos énergies dans le démarrage du projet. Chacun à son échelle, on peut faire quelque chose pour notre ville, notre entourage, et on apprend beaucoup en faisant. Dans notre projet, on s’est basé sur les « 5 compétences AKI» , c’est un véritable plus. Et cerise sur le gâteau, même si on ne fait pas le projet pour ça : une étudiante du groupe cherchait un stage en chimie pour la fin de l’année. Elle avait indiqué sur son CV qu’elle s’occupait de « A table ! ». Les recruteurs l’ont questionnée à ce sujet, et ont trouvé ça vraiment très bien. Elle a décroché un super stage !


Quelle est votre définition du concept de la solidarité ? « Etre avec », accompagner. On est conscient qu’on ne va pas changer la face de la terre avec notre projet, mais au moins on peut faire sourire quelques personnes et leur dire, leur faire comprendre qu’on est là. Comme le raconte une étudiante : « Christi nous a joué de l'accordéon à la fin du repas, une valse assez nostalgique, et le visage grave qu'il avait depuis le début du déjeuner n'a fait que se confirmer. On pouvait sentir une vraie souffrance d'être séparé de sa famille comme il nous l'avait expliqué. Mais après quelques dizaines de minutes au milieu du repas j'ai réussi à avoir un sourire, et je crois que c'était un des moments qui m'a le plus marqué. »



Contact : Jeunes Engagés pour le Monde à Rennes rennesjem@gmail.com

Source : http://www.erasmusplus-jeunesse.fr/blog/698/17/PROJET-DE-SOLIDARITE-A-TABLE.html

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